Jeudi 23 octobre 2008

Elle est assise au bord des saisons

Et fait miroiter ses mains comme des rayons.

 

Elle est étrange

Et regarde ses mains que colorent les jours.

 

Les jours sur ses mains

L’occupent et la captivent.

 

Elle ne les referme jamais.

Et les tend toujours.

 

Les signes du monde

Sont gravés à même ses doigts.

 

Tant de chiffres profonds

L’accablent de bagues massives et travaillées.

 

D’elle pour nous

Nul lieu d’accueil et d’amour

Sans cette offrande impitoyable

Des mains de douleurs parées

Ouvertes au soleil.

 

 

Anne Hébert

(Le tombeau des rois, 1953)

 

Par La petite brindille - Publié dans : Poètes Femmes
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Commentaires

Comment résister à deux mains tendues ? (sourire) Une petite brindille vient très régulièrement visiter mon blog, dans la plus grande discrétion mais très assidument. C'était la moindre des choses que je lui rende la politesse ! Le choix des poèmes que vous publiez me touche énormément, notamment "Commune présence" de René Char, "C'est l'heure de l'insomnie"..., mais sous des textes d'une telle qualité, ce serait faire offense à leurs prestigieux auteurs qu'une scribouillarde comme moi y dépose dessous un commentaire. J'espérais trouver quelques écrits de votre part... mais en vain. Je suis pourtant certaine que la sensibilité de la personne qui choisit aussi soigneusement ces poèmes doit quelquefois s'exprimer sur le papier (?) Je respecte néanmoins votre discrétion et m'éclipse à mon tour non sans vous adresser un immense merci pour votre lecture. Poétiquement. Claudie
Commentaire n°1 posté par Claudie le 24/10/2008 à 08h29
Merci Claudie, quel beau message venant d'une âme ouverte à la poésie.

Les poètes sont des manieurs de mots afin de traduire les sentiments, les émotions, les pensées et les rêves... on ne saurait limiter la poésie à ces quelques mots. Nous n'avons que les limites que nous nous imposons.

J'écris beaucoup, mes poèmes peuvent naître d'un simple jet... quant à la prose j'ai surtout retenu les conseils d'Elie Wiesel et de Nicolas Bouvier, je raccourcis mes phrases à chaque relecture.

Merci pour votre commentaire, chère Claudie.

Sophie
Réponse de La petite brindille le 10/01/2009 à 12h58
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