Jeudi 23 octobre 2008

Elle est assise au bord des saisons

Et fait miroiter ses mains comme des rayons.

 

Elle est étrange

Et regarde ses mains que colorent les jours.

 

Les jours sur ses mains

L’occupent et la captivent.

 

Elle ne les referme jamais.

Et les tend toujours.

 

Les signes du monde

Sont gravés à même ses doigts.

 

Tant de chiffres profonds

L’accablent de bagues massives et travaillées.

 

D’elle pour nous

Nul lieu d’accueil et d’amour

Sans cette offrande impitoyable

Des mains de douleurs parées

Ouvertes au soleil.

 

 

Anne Hébert

(Le tombeau des rois, 1953)

 

Par La petite brindille - Publié dans : Poètes Femmes
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